Un nouveau webmagazine
en ligne tous les mardis
Retour

Fiche du livre


Gaieté (La)

de Justine Lévy
Résumé

«C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais plus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si ça reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue tout entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, ça, au fond, c’est de l’anéantissement.»

Critique

Est-ce que je vous ai déjà parlé de l'auteure française Justine Lévy? Sans doute, j'en parle constamment comme si je venais de trouver un remède miracle pour combattre l'anxiété. Oh que je l'aime celle-là. Après Rendez-vous, Rien de grave et Mauvaise fille, elle est revenue il y a quelques mois avec La gaieté, un roman dans la même lignée que ses précédents: intime, sur le ton de la confidence, dans l'exploration des thèmes de la filiation, de la rupture, du deuil, du temps qui passe, du désir, bref, ce qui me fait carburer comme lectrice. 

Cette fois, la fille de l'intello Bernard-Henri Lévy jette un regard anticonformiste et pas banal sur sa vie de mère de famille qui tranche avec le passé et les soucis d'antan. L'incipit du roman est quasiment devenu un mantra pour moi: «C'est quand je suis tombée enceinte que j'ai décidé d'arrêter d'être triste, définitivement, et par tous les moyens». Il sera dans mon prochain roman, quelque part entre un hommage à la Lévy et des réflexions sur mon propre rapport à l'enfantement et la transmission. 

Il y a là, entre chacune des lignes finement ciselées, une franchise désarmante, un souffle qui habite longtemps les âmes sensibles à cette voix oscillant entre la naïveté et la profondeur. L'oeuvre de Lévy a changé un peu ma manière d'entrevoir l'autofiction, de l'apprécier et de moi aussi, jouer avec ses codes. Idéal pour combattre le manque de lumière. Au fond, c'est peut-être vraiment un remède pour combattre l'anxiété, comme tellement d'autres livres. Allez! Faites de belles et bonnes lectures, mes fidèles. 

Claudia x

Acheter ce livre

image

Partager


Mots-clés

Publication à propos de ce livre :

Vous l’avez lu? Dites-nous ce que vous en avez pensé!

  • Répondre

    Karine Villeneuve

    25 octobre 2015

    Une critique inspirante qui apporte de l'oxygène. Je lirai ce livre pour être, à mon tour, happée par toute cette sollicitude, cette bienveillance. Merci