Retour

Critique publiée par Claudia Larochelle


Nord Alice

de Marc Séguin
Résumé

Le narrateur de Nord Alice est un chirurgien trop qualifié pour être exilé dans le Nunavik contemporain. À moins qu'il n'ait choisi ce lieu pour fuir une histoire d'amour. Ou peut-être une histoire de meurtre ? Entre ses patients et ses expéditions de pêche, il dévoile par bribes le récit de son existence et raconte aussi la destinée des hommes de sa famille, depuis l'arrière-grand-père Roméo, qui quittait Montréal en 1898 pour aller rejoindre ses frères à Dawson City et tenter sa chance comme tant d'autres au bord du Klondike.

Critique

Il s’agit certainement d’une histoire moderne ; celle d’un type en mal d’engagement et de stabilité qui quitte New York et celle qu’il aime pour prendre des vacances de lui-même en allant pratiquer une médecine de brousse dans le Grand Nord. Mais à cette Alice, elle-même originaire de l’endroit, il y pensera souvent entre deux patients écorchés vifs. Il y pensera comme il imagine ses ancêtres qui avaient d’autres soucis, des soucis de leur temps, des préoccupations éloignées des siennes et pas tant que ça non plus. Marc Séguin manie l’art de la description, tout en écrivant avec une économie de moyens, ne s’enfargeant jamais dans les fleurs du tapis. Pour ça et pour tellement d’autres affaires on aime son souffle, son regard sur le monde, sa manière si actuellement de parler des rapports entre les sexes, de voir l’amour, le grand, celui qu’on est porté à trop ressasser et réfléchir alors que la vie est déjà assez courte et surprenante comme ça. S’il est aussi bon peintre que bon écrivain il n’est pas étonnant que ce roman hante longtemps tout ceux à qui je l’ai recommandé chaudement. Je l’ai même classé « incontournable » à Radio-Canada. C’est un livre qui transforme et qui fait grandir. À lire jusqu’à en perdre le souffle, jour et nuit, sans s’arrêter.

Partager


Donnez votre avis